DRAWING NOW PARIS 2026

 

 

Cette 19e édition du salon du dessin contemporain réunit 71 galeries venues de 13 pays et près de 300 artistes âgés de 24 à 97 ans, dessinant un paysage générationnel et géographique d’une belle amplitude. Car comme l’indique l’artiste Susan Hefuna « Un dessin n’a pas de nationalité. Il n’y a ni temps ni espace. C’est un univers à part entière. »

 

À travers les 3 secteurs précédents (Général-Inception et Process), augmentés cette année du secteur Digital, se déploient des dialogues entre héritages culturels et réalités politiques contemporaines, où mémoire, identité et actualité s’entrelacent pour questionner la manière dont les images fabriquent, déplacent ou fragilisent nos récits communs.

Dans le secteur Général, si de nombreuses galeries restent fidèles au Salon, de nouvelles font leur apparition avec un artiste en focus pour la plupart : Annex14 de Zurich présente les dessins abstraits de l’artiste historique multidisciplinaire Susan Hefuna, la canadienne Chiguer art contemporain montre les performances de l’artiste engagé François Morelli où le corps fragmenté se conjugue entre figuration et abstraction et l’artiste Shuvinai Ashoona qui propose des dessins à la plume et au crayon reflétant la fusion de la vie moderne et traditionnelle des Inuits ; Hopstreet Gallery de Bruxelles avec la jeune Paule Sauvaire explorant une esthétique féminine aux confins de l’hystérie clinique et la galerie Olivier Waltman avec Cristina Escobar traitant des notions de mobilité et de frontières.
Le corps humain et son rapport à l’environnement occupent une place centrale, qu’il s’agisse de paysages intimes ou de territoires en tension invitant à relire le dessin comme un espace de résistance, de soin et de projection. A titre d’exemple dans le secteur général, Ellande Jaureguiberry (Galerie 22,48m2) avec ses fragments de corps associés à la flore, Elsa Guillaume (Antoine Dupin) et sa série de dessins inspirés du monde marin, Vicky Fischer (Galerie Alain Gutharc) qui travaille par soustraction ou superposition à partir de transferts photographiques de figures ou objets de son environnement personnel. Dans le secteur Inception, Nagham Hodaifa (Galerie Nadine Fattouh) et les corps de la femme (fragmentaires ou transformés) dans leur rapport à la société, Bahar Kocabey (Galerie Fahmy Malinovsky) qui rend hommage au Kurdistan, son pays d’origine, avec des paysages peuplés d’humains et non humains, Luján Pérez Hernandez (Galerie LJ) en secteur Process, explorant la relation entre la terre et l’esprit dans un questionnement autour de l’amour, la renaissance et la mort.

Le circuit Parallaxe met en avant la contribution des artistes femmes dans l’histoire du dessin contemporain avec entre autres Pauline Guerrier (Romero Paprocki) et ses grands formats retraçant ses rencontres lors de voyages, Samira Abassy (Richard Saltoun Gallery) retraçant les liens entre la mémoire individuelle et l’histoire collective dans une fusion entre iconographie chrétienne et miniatures persanes. Marta Roberti (Z20 Sara Zanin) avec les mythes et une iconographie des déesses retranscrits à travers un prisme écoféministe, Delphine Gigoux-Martin (Claire Gastaud) fascinée par le monde animal ou végétal qu’elle transpose dans des compositions immersives.
Le nouveau parcours Art faber est consacré aux représentations des mondes économiques. Les artistes de plusieurs galeries abordent ces sujets au travers de leurs œuvres comme Louise Dumas (Galerie Maxime Allain) qui avec ses architectures réalisées au pastel dresse une typologie de lieux ordinaires du quotidien ou Jean-David Nkot (Afikaris) qui s’intéresse à l’exploitation des matières premières en Afrique et aux enjeux économiques et politiques qui en découlent.

Comme l’an passé, le programme Curare a été confié à deux commissaires indépendantes de l’association C-E-A afin de porter un regard extérieur au sein des 3 secteurs du niveau -1 et ainsi diversifier les approches dans une recherche de « dessin augmenté » incluant installations, environnements immersifs, pratiques textuelles ou sonores. Des publications de textes et des entretiens mis en ligne ainsi que des talks pendant le salon, permettront de partager ces réflexions.
L’exposition Numérique Lyrique ; Nouvelles origines du dessin, conçue par Joana P.R. Neves en dialogue avec les collections du Centre national des arts plastiques et du Frac Picardie, retrace l’aller-retour entre le matériel et le virtuel. Le dessin, depuis les empreintes des temps préhistoriques en passant par le tracé des contours d’une ombre portée relaté par Pline l’Ancien ou l’invention de la perspective et du clair-obscur à la Renaissance puis l’arrivée de la photographie et de la gravure jusqu’aux tablettes graphiques, les premiers logiciels et l’intelligence artificielle, s’est réinventé constamment au fil des siècles en s’appuyant sur l’évolution des techniques. Ce sera l’occasion de mettre en avant le travail d’artistes qui s’appuient sur de nouvelles technologies dont celui de Pascal Convert qui utilisait déjà la simulation via des plateformes numériques en 1996-99.
Le Prix Drawing Now 2026, récompensant un.e artiste de moins de 50 ans, sera annoncé lors du vernissage. Guénaëlle de Carbonnières (Galerie Binome) interroge notre rapport à l’histoire et à la mémoire au travers d’architectures révélées à l’aide de techniques mêlant photographies, gravures et dessins, Roman Moriceau (Archiraar Gallery) sauvegarde les contours fugitifs d’espèces disparues à l’aide de fumée, Chloé Vanderstraeten (Traits Libres Gallery) où le papier devient architecture et territoire imaginaire, Maxime Verdier (Galerie Anne-Sarah Bénichou) transpose souvenirs et émotions en juxtaposant vécu et fantasmagorique, Katarzyna Wiesiołek (Galerie Eric Dupont) réalise des paysages riants ou mélancoliques.
Le salon Drawing Now s’inscrit dans une dynamique autour de ce medium, à l’échelle parisienne (Salon du Dessin au Palais Brongniart, Dessins sans limite au Grand Palais, All Parts Of Us de Susanna Inglada au Drawing Lab) mais aussi à l’échelle nationale dans 100 lieux de France au travers du Printemps du Dessin.

 

Infos pratiques 

Drawing Now Paris
Du 26 au 29 mars
Le Carreau du Temple
4, rue Eugène Spuller, Paris 3e

 

 

 

 

 

 


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