EXPOSITIONS ARTAÏS 

Ébullitions, 2010

Sur un commissariat de Julie Legrand


Avec François Daireaux, Christelle Familiari, Laurence Nicola, Julie Legrand, David Orstman, Peter Soriano, Marc Vander-Stucken, Michèle Yvars.

Julie Legrand, commissaire  invitée par Artaïs :

« Invitée à présenter mon travail et à choisir des artistes pour m’accompagner dans cette ébullition de rentrée, dans un lieu non habitué à recevoir des expositions d’art contemporain, j’ai souhaité présenter un éventail varié d’œuvres et de démarches d’artistes émergents et plus confirmés.

Un intérêt pour les flux et les déplacements s’est fait jour, qu’il s’agisse d’argent, d’individus, de signes ou de matière mouvante aux viscosités variées. La structuration de ces flux (leur contention, leur canalisation, leur absorption, leur diffusion…) est en tension avec le principe même de ces matières qui frappent par leur caractère malléable, rétif et autonome. Le rapport à la finance et à l’argent ne pouvait être éludé, mais différentes fluidités se dégagent.

Terre, verre, pâte à pain ou spray aérosol, mais aussi sueur et débit verbal confrontent leurs émanations et mises en forme, lignes de forces et champs de gravité, entre débordements et envol. »

 

En partenariat avec le CEPF BNP Paribas


In Natura , 2017

Avec Cécile Beau, Sylvie Bonnot, Caroline Corbasson, Dominique Ghesquière, Fabien Léaustic, Julie Legrand, Emmanuel Régent, Lionel Sabatté, Thomas Tronel-Gauthier, Tatiana Wolska


À l’occasion de ses dix ans, l’association Artaïs met à l’honneur le talent de dix artistes dont elle suit le travail et partage les univers. In-Natura est à la fois au cœur de la nature et sa négation, jusqu’à la transmutation de ses éléments en ces objets culturels que sont les œuvres d’art. Alors que les préoccupations écologiques n’ont jamais été aussi fortes, ces dix artistes ont en commun d’ausculter la nature, d’en explorer l’étoffe pour ouvrir à de nouveaux champs de perception des micro et macrocosmes. Tels des scientifiques, ils adoptent une posture de chercheurs, questionnent la matière et les phénomènes, en sondent les profondeurs.

Géologues ou archéologues, ils sont en quête des traces laissées par le temps et donnent à voir son écoulement. Précis et méticuleux, ils collectent des matériaux, prélèvent des éléments minéraux et organiques, détournent des fragments et complètent parfois leur approche par un travail documentaire. Rationnels et sensibles, ils interrogent les zones d’ombre de la connaissance, fouillent l’imperceptible, perçoivent des détails insignifiants, des frémissements, qu’ils manipulent et reconfigurent pour faire œuvre.

Si leurs œuvres peuvent parfois intriguer, interroger, fasciner, elles ne sont pas sans susciter l’émotion.

Exposition au Doc! 26 rue du Docteur Potain, Paris 19e

Vues d'exposition


pARTages, les 15 ans d'ARTAÏS, 2022

Andrés Baron - Brognon Rollin - Jérémie Danon - François Dufeil et Charles Dubois - Joël Harder - Atelier collectif Le Houloc - Gabriel Moraes Aquino - Nefeli Papadimouli - Boryana Petkova et Iskra Blagoeva - Natalia Villanueva Linares - Maha Yammine - Joana Zimmermann.


Création collaborative, ouverture d’espaces de l’intime, activation de gestuelles collectives, multiples pratiques ciblent et célèbrent la forme relationnelle, l’esthétique du partage.

Dans un climat encore convalescent suite à la pandémie, quelles instances de convivialité, quels moments de sociabilité voyons-nous émerger ? Apprenons du moléculaire, résistons à l’isolement, pour à la place renforcer les liens nous (r)assemblent.

pARTages est une invitation à panser et repenser nos relations.

L’exposition collective habite le vaste espace d’un ancien studio photo et y convie onze artistes un atelier collectif à réintroduire en son lieu la dynamique de la rencontre et de l’échange. Des propositions rassemblées, le relationnel infuse autant les processus de création que les œuvres finales présentées.

Une vidéo dévoile une ronde monotone, en milieu carcéral où le temps est étiré, le collectif non-désiré. C’est à travers l’intervention du duo Brognon Rollin – invité en qualité de parrain.marraine de l’exposition – que le collaboratif prend vie. Les méthodologies développées dans leurs projets se caractérisent par des relations tissées avec des participants sur un temps long. Nous les retrouvons dans les démarches de Andrés Baron, rapprochant la co-création filmique à celle d’un imaginaire collectif, et de Boryana Petkova et Iska Blagoeva, pour lesquelles une ligne de tatouage matérialise un lien entre les corps. Dans la peinture « sonore » de Jérémie Danon ou dans les torchons reprisés de Maha Yammine, ce sont les paroles et « micro-récits » des modèles et interlocuteurs.trices qui nous parviennent. L’image ou la broderie nous ramenant au moment partagé, à l’intimité cultivée. Nefeli Papadimouli nous entraîne jusque dans les coulisses, où dans le reflet du miroir disparaissent les visages qui cèdent leur place aux masques.

Mouvances ainsi guidées, les visiteurs.visiteuses font aussi partie de l’équation relationnelle.

Face à l’objectif, dans un studio photographique que Gabriel Moraes Aquino et Joana Zimmermann assemblent et animent conjointement, l’espace de relation se fait plus inclusif. La scénographie ouverte décloisonne les rencontres, tandis que l’action performative de Natalia Villanueva Linares requiert explicitement la participation et fédère une gestuelle collective autour d’un patchwork de papier de soie. Joël Harder invite à se réunir pour une dégustation olfactive et gustative d’un spiritueux infusant les plantes récoltées sur un lieu emblématique de drague et de rencontre. Instruments jouant avec les éléments, les « sculptures-outils » de François Dufeil, animées par le percussionniste Charles Dubois, appellent à l’activation partagée, à l’audition groupée, révélant la conception sociable de son œuvre.

Le partage se dessine comme orientation de vie. Creusant plus profondément le « faire ensemble », l’atelier collectif Le Houloc présente une installation à l’image de leur écosystème de travail, en cohérence et cohésion les uns aux autres. De ces multiples relations émerge une façon d’habiter le monde, conçu comme « un système partagé, un réseau de pollinisations et de coactivités».

Alexia Pierre