ANNA DE CASTRO BARBOSA - ANATOMIES DU POSSIBLE

Par Agathe Anglionin22 février 2026In Articles, 2026, Revue #36

 

 

La pratique de l’artiste, née en 1995 à Montpellier et finaliste de Carré sur Seine se déploie principalement dans le champ de la sculpture et de l’installation, à travers une recherche attentive aux conditions de la rencontre, du contact et de la relation entre les corps, les matériaux et les espaces.

 

Anna s’intéresse moins à l’acte du contact lui-même qu’à la tension qui le précède, cet instant suspendu où le désir, l’inquiétude et l’attention se superposent. Ses sculptures s’inscrivent dans une économie de gestes retenus et de formes en attente, parfois perçues comme des prothèses ou des instruments devenus inopérants, interrogeant notre rapport à l’autre, au soin, à la vulnérabilité et à l’exposition des corps, dans un équilibre fragile entre protection et menace. Son travail explore des zones de tension où attraction et répulsion coexistent. Les formes qu’elle produit, souvent abstraites, convoquent une matérialité ambivalente faite de métal, de verre, de silicone, de textiles, de matières grasses ou de surfaces poreuses. Ces matériaux, choisis pour leurs qualités haptiques et symboliques, dialoguent fréquemment avec un vocabulaire emprunté au champ médical, à l’intime ou à des objets fonctionnels détournés. L’œuvre devient alors un dispositif d’épreuve, invitant à une expérience sensible où le regard et le corps sont sollicités sans jamais trouver de résolution stable.

A l’occasion du dernier salon de Montrouge, l’artiste a proposé un ensemble de formes où le rapport au corps, au contact et à la matière occupe une place centrale. À travers des volumes souvent abstraits, Anna de Castro Barbosa explore des zones de friction entre attraction et résistance, souplesse et contrainte, soin et inconfort. Ses œuvres empruntent autant au vocabulaire du médical qu’à celui de l’objet ergonomique, sans jamais se fixer dans une fonction définie. Elles semblent conçues pour accueillir des gestes, des appuis et des rapprochements possibles, tout en maintenant une part d’incertitude. La matière y est sollicitée pour ce qu’elle engage physiquement. Elle appelle le toucher tout en tenant le regard à distance.

L’exposition se construit ainsi comme un espace d’expérience sensible, où chaque pièce agit comme un seuil. Les formes suggèrent des relations, des usages et des présences sans jamais les imposer. Ce qui s’y joue relève moins de la représentation que de l’éprouvé, avec une attention portée aux états du corps, à ses vulnérabilités et à sa capacité à entrer en relation avec ce qui l’entoure. En laissant coexister familiarité et trouble, les œuvres construisent un parcours dans lequel le visiteur est invité à ajuster sa propre position. Le travail d’Anna de Castro Barbosa engage une réflexion silencieuse sur la manière dont les corps habitent l’espace, se rencontrent, se heurtent parfois et trouvent malgré tout des formes de continuité.

 

Informations pratiques

69e Salon de Montrouge
13 février au 1er mars 2026
Le Beffroi, Montrouge

 

Indices de présence

Exposition des finalistes de Carré sur Seine

Du 10 au 23 avril

Centre Wallonie Bruxelles Paris

127 rue Saint-Martin Paris 4e

 

 

 


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