Stéphane Pencréac’h, Peinture d’Histoire

 

Comment ne pas évoquer les Grandes misères de la guerre de Callot ou El tre de mayo de Goya en regardant ces représentations des conflits au Maghreb et au Proche-Orient que Stéphane Pencréac’h (né en 1970) interprète dans ses toiles de 8 mètres de long montrées au MAMAC, dans cette dénonciation et cette émotion face à ces événements d’une histoire qu’il interprète avec un grand H. Tombouctou dans un large panoramique montre, en sa figure centrale, une moderne Pietà avec une victime qui se retrouvera en lévitation sur les panneaux latéraux. À gauche et à droite, un rond de sang évoque la planète Mars, celle du dieu guerrier et des slogans apparaissent que salafistes et intégristes affichaient dans cette ville aux 333 saints. Avec Tunis, à l’origine du « Printemps arabe » par la mort de Mohamed Bouazizi s’immolant dans le feu, ce corps martyr apparait en élévation alors que la foule converge vers la ville embrasée. Dans un coin, des femmes brandissent le slogan « Dégage ». Dans Tripoli, un corps supplicié se dédouble en miroir, pendu par les pieds, un sac sur son visage. Un garçon, moderne Gavroche, observe la révolution en marche, cette ville incendiée et la foule, massée sous les bannières nationales, déferlant vers le rivage. Au mur, la photographie de Nicolas Sarkozy, marquant l’implication française, surplombe le portrait de Khadafi peint au sol en anamorphose. Le peuple du Caire, venu des faubourgs, brandissant slogans et drapeaux est très impressionnant. Comme un raccourci entre passé et présent, la foule avance, encadrée, entre le dieu funéraire Anubis et une femme brandissant un slogan et, de l’autre côté, les mains ensanglantées des ennemis tués au combat dans l’Égypte antique et Hosni Moubarak emprisonné.

 


Infos :

MAMAC – Musée d’Art Moderne et d’Art contemporain
Place Yves Klein, Nice
jusqu’au 31 août