PLAY TIME, la 4e Biennale de Rennes

Par Sylvie Fontaine23 septembre 2014In Articles, Expositions, Revue #8

 

Les Ateliers de Rennes traitent des relations entre art et économie, et, art et entreprise. Il s’agit d’une belle forme de coopération public- privé initiée par le groupe agro-alimentaire Norac permettant des rencontres entre pratiques artistiques, économiques et entrepreneuriales.

La commissaire Zoé Gray a invité artistes reconnus ou émergents à s’interroger sur notre façon de travailler et jouer ensemble. La biennale investit le Musée des beaux-arts, le Frac Bretagne et pour la première fois un ancien arsenal militaire du 19ème siècle, la Halle de la Courrouze.  Elle s’étend également à six lieux partenaires dont 40mcube, la Criée et le centre culturel Colombier où seront proposées respectivement des expositions monographiques d’Oscar Murillo, Gareth Moore et Priscilla Fernandes.

Avec une soixantaine d’œuvres, produites à moitié pour la biennale, et oscillant entre aire de jeu et espace de travail, Play time aborde quatre thématiques développées dans des espaces spécifiques : Temps de travail et non-travail, Valeur du travail et du jeu, Importance du repos et de la paresse et Le jeu comme force critique.

L’aire de jeu est présentée dans la Halle de le Courrouze avec entre autres acteurs Dewar et Gicquel qui aiment jouer avec les matériaux et détourner les techniques et proposent une série de céramiques étranges, Neuenschvander et Guimaraes et leur merveilleuse vidéo faisant référence au carnaval du Brésil et montrant des fourmis transportant les myriades de confettis après la fête.

Pour le Droit à la paresse, proposé au Musée des beaux-arts, Nicolas Chardon invite les visiteurs à jouer avec les codes de l’abstraction en déplaçant des formes blanches, géométriques et magnétiques sur ses monochromes. On y découvre aussi la tapisserie de Gaspar Libedinsky, composée des chiffons de couleur utilisés par les gardiens de parking au Brésil, ou encore les films d’inaction, non dénués d’humour, de Pilvi Takala et les installations de Cosima von Bonin.

Au Frac, dans la superbe architecture d’Odile Decq, Robert Filliou introduit le visiteur dans la séquence Monde du travail, avec son œuvre Work as Play, Art as Thought qui en donne le titre. On y retrouve également Jimmie Durham, en Shiva administratif, au travers d’une vidéo où, assis derrière son bureau, il écrase violemment différents objets présentés par les étudiants et leur remet consciencieusement un document attestant de la destruction.

Comme le mentionne Roger Caillois dans son livre Les jeux et les hommes , «… le jeu est une activité libre. Le doute doit demeurer jusqu’à la fin… ». Ainsi toutes les surprises restent imaginables. N’hésitez pas à vous perdre dans ces dédales à la manière d’un certain Monsieur H…et gardez le sourire face à ce monde qui est le nôtre !

 


INFOS :

Les Ateliers de rennes – Biennale d’art contemporain
Jusqu’au 30 novembre

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www.lesateliersderennes.fr