Par delà les toits, le ciel étoilé

Par Gilles Kraemer14 septembre 2017In Revue #16, Articles, 2017

Auguste Blanqui, enfermé au Fort du taureau, dans la baie de Morlaix, rédige L’Éternité par les astres (1871), rêverie sur le système stellaire, l’infiniment petit et grand, « une méditation sur le caractère mécanique des lois qui régissent l’univers et nos destinées humaines« . Ce manifeste, pour la commissaire Léa Bismuth, « conduit à sonder les utopies qui travaillent une création artistique en quête de déploiement d’un sens » dans une interrogation de Guy Debord (1831-1994) et de neuf artistes (nés entre 1973 et 1986), « privilégiant la photographie, l’enregistrement sonore ou la vidéo« .

Rebecca Digne filme les gestes de charpentiers traçant à la craie des lignes sur le sol pour Épure. Juliette Agnel s’attarde sur le ciel d’été d’un désert espagnol Nocturnes ou sur la ville en mutation Quatre jours dans le chantier des Halles. Édouard Wolton superpose, dans une installation in-situ, la carte du ciel au-dessus des Tanneries à celle du Fort du taureau et Jérôme Zonder dessine le portrait de Blanqui et réalise une intervention Nous tournons dans la nuit enroulée à une poutre de béton. Marie-Luce Nadal cible le plaisir avec un vin inconnu, le Vain des Grâces millésime 2016 contenu dans une urne. L’installation de hauts-parleurs Asterisme de Charlotte Charbonnel diffuse le son de la constellation de la Lyre. Spectacles sans objet de Louise Hervé et Chloé Maillet revisite le geste de performance dans une relecture historique, et Mel O’Callaghan met en scène un homme résistant victorieusement à la pression d’une lance d’incendie. Guy Debord, dans son film In girum imus nocte et consumimur igni, fait écho à la mélancolie du texte de Blanqui, qui, comme lui, tourne dans la nuit, et est consumé par le feu.

 

Par Gilles Kraemer


Infos :

Centre d’art contemporain Les Tanneries, Amilly (45)

L’éternité par les astres

jusqu’au 27 août

Autre exposition :

Wesley Meuris, Scenes of engagements

jusqu’au 26 novembre