Maison de la culture du Japon

Par Dominique Chauchat16 octobre 2015In Articles, Revue #11, 2015

L’exposition Cosmos intime présente une quarantaine d’oeuvres issues de la collection du psychiatre japonais Ryûtarô Takahashi.

L’art contemporain japonais se démarque de l’art traditionnel comme de l’esthétique issue des mangas. L’exposition de la Maison de la culture du Japon nous montre comment les artistes « opèrent un double mouvement simultané : l’affirmation d’une subjectivité retrouvée et l’ouverture vers un réel multiple » : de l’intime au cosmos. Où l’observation et la connaissance de soi est un tremplin pour accéder aux autres et au monde dans sa totalité. Les objets les plus quotidiens et personnels, comme les peluches d’Erina Matsui, deviennent des médiateurs : porteurs d’une mémoire personnelle ancrée dans un milieu sociologique, ils sont des ouvertures vers le monde.

Aiko Miyanaga, quant à elle, sculpte des objets, comme des chaussures, par exemple, en naphtaline, matière indispensable dans les armoires de nos grands-mères, qui cristallise l’essence même de la forme et nous plonge, par l’odorat, dans le passé. Mais ces objets acquièrent ainsi une temporalité qui touche à l’infini…

C’est aussi le cas de ces milliers de talismans récoltés à Kanazawa et cousus ensemble par Ruriko Murayama.

Comme le dit Caroline Ha Thuc (auteur du livre « Nouvel art contemporain japonais ») :

« L’intime ouvre sur le cosmos, mais le cosmos est la clé de l’intime : ces deux pôles a priori opposés se complètent et se répondent dans des œuvres subtiles et complexes. »

Au-delà de Yayoi Kusama et Takashi Murakami, voilà une occasion de découvrir des artistes peu montrés en France mais qui sont en train de gagner leur place sur la scène internationale.

 

Par Dominique Chauchat


Infos :

Maison de la culture du Japon

101 bis quai Branly, Paris 15è

du 7 octobre au 23 janvier 2016