Les fragments de l’amour ou la représentation (im)possible de l’amour

Par Gilles Kraemer4 janvier 2016In Revue #12, Articles

 

Est-il possible d’imaginer la transcription visuelle du sentiment ou de l’état Amour ? Quatorze artistes – presque la parité entre 8 hommes et 7 femmes – exposés à La Traverse d’Alfortville, y répondent, depuis les deux montres mêlant leurs temporalités de Charbel-Joseph H. Boutros, jusqu’à João Vilhena réinterprétant des cartes postales amoureuses. Exploration de ces différents fragments amoureux au travers du rapport entre souvenir et oubli chez Anne-Lise Broyer. Part du phantasme dans toute projection cinématographique avec le visage ténébreux de Delphine Seyrig chez Julien Crépieux ou les images du film Casablanca que Mounir Fatmi insère dans des figures géométriques. Mathilde Denize assemble différents objets comme des traces archéologiques d’un passé qu’elle réinvente, Javier Pérez préférant la poésie d’El espacio que nos separa, deux sphères de verre sur lesquelles il a posé les chaussures d’un couple dont rien ne dit qu’il se rencontrera ; le moindre souffle peut les séparer. L’Amour, cet amour éternel au-delà de la mort, la présence d’Hervé Guibert (décédé en 1991) l’évoque avec sa photographie L’Ami datant d’un temps où il n’était pas encore malade, ainsi que les photographies d’Alice Cléo Roubaud (décédée en 1883) dans le temps de ces belles et intimes amours avec Jean Eustache et Jacques Roubaud. Emma Dusong dans son film Sans toi adresse une lettre au néant, dans l’obscurité et le silence, déclaration d’amour par-delà le temps, face à Alex Palhavi ancré dans le présent, dans la relation du peintre et du modèle aimé et désiré.

Une belle Carte du Tendre à laquelle nous convie le commissaire Léa Bismuth, dans ce lieu inauguré en septembre 2014.

 


Infos :

Les Fragments de l’amour
La Traverse – Centre d’art contemporain d’Alfortville
9, rue Traversière, Alfortville
jusqu’au 12 mars