faut-il penser pour que la vidéo existe ?

Par Gilles Kraemer11 avril 2017In Revue #15, Articles, 2017

New Yorkais, Peter Campus (né en 1937) compte parmi les pionniers de la vidéo avec Bruce Nauman, Nam June Paik ou Bill Viola dont il fut l’assistant. Cette première exposition monographique en France retrace son parcours, des années 1970 à aujourd’hui. Dans les vidéos produites jusqu’en 1977, il explore la perception de l’espace, l’appréhension de son propre corps dans des temporalités multiples, et réalise les premières installations vidéos en circuit fermé fondées sur la transmission instantanée de plusieurs images du visiteur à lui-même qu’il ne peut jamais faire coïncider. Avec Three Transitions (1973), il passe à la couleur et utilise le trucage électronique pour produire des images saisissantes où son corps est déchiré, envahi par la neige électronique, le visage brûlé ou dédoublé.

Le second parcours, des années 1980 à maintenant, présente ses photographies de visages en noir et blanc et une installation dans laquelle le visiteur est confronté à quatre projections de photographies d’objets étranges en suspension, des pierres démesurément agrandies sollicitant des interprétations multiples. La vidéo fait son retour en 1996, privilégiant les paysages et les objets. Au côté de vidéos numériques actuelles dans lesquelles il travaille le pixel comme une touche, en modifiant la taille ou accentuant la couleur, est présentée l’œuvre spécialement conçue pour le Jeu de Paume convergence d’images vers le port, tournée dans le port de Pornic, un plan fixe et sans montage qu’il qualifie de « vidéographie ».

 

Par Gilles Kraemer


Infos :

peter campus. Video ergo sum

Jeu de Paume

1 place de la Concorde, Paris 8è

du 14 février au 28 mai 2017