Aucun mythe pour ces contrées de l’esprit, alex Verhaest au CDa

Née en 1985, l’artiste vidéographe belge Alex Verhaest propose des films empreints de mystère, en mêlant la peinture flamande ancienne et les codes des images les plus contemporaines.

Dans « Temps morts », oeuvre primée au 18ème Media Art Festival (Japon), une grande scène et cinq petits « tableaux » fonctionnent en miroir.

Un film interactif montre des personnages à l’esthétique issue des jeux vidéo : assis à une table, nous faisant face (la scène est une cène à 9 personnages, où, sauf celui situé au mileu, tous apparaissent en double), ils ne parlent qu’au spectateur qui s’adresse à eux par l’intermédiaire d’un téléphone portable.

Quant aux tableaux, encadrés, comme il est de mise, ce sont natures mortes, et  visions à la Jérôme Bosch, qui s’animent : un insecte mutant s’envole du gâteau, un serpent serpente sur les citrons et les huîtres, et les fourmis fourmillent entre viandes et volailles exposées à leur voracité. Comme celles de la Renaissance, ces images sont porteuses de symboles : des images non seulement à regarder, mais à lire. Et le titre dit combien ce qui nous est montré relève d’un paysage mental (dans lequel nous pouvons d’ailleurs nous abîmer, tant la fascination est grande).

Le titre de l’exposition au CDA est une citation de l’écrivain cyberpunk William Gibson : « No maps for these territories, though they are of our own creation. No myths for these countries of the mind. »  (Aucune carte pour ces territoires, quoiqu’ils soient le fruit de notre propre création. Aucun mythe pour ces contrées de l’esprit.)

 

Par Dominique Chauchat


Infos :

Centre des Arts

12-16 rue de la Libération Enghien-les-Bains

du 13 janvier au 2 avril 2017