AKAA, « ALSO KNOWN AS AFRICA »

Par Sylvie Fontaine20 octobre 2018In Revue #20, Articles, 2018

Pour sa 3ème édition, la foire AKAA « Also Known As Africa » propose comme son titre l’indique, de dessiner une nouvelle cartographie de l’art contemporain africain en initiant un dialogue avec le Sud Global – Asie, Amériques et Moyen-Orient. Les artistes voyagent, collaborent et s’imprègnent des lieux qui les entourent dans un monde aujourd’hui globalisé et connecté. Comme le mentionne Simon Njami, membre du Comité de sélection (constitué de deux galeristes et deux curateurs), « il n’existe pas une Afrique mais des Afriques ». Les  54 pays de ce continent aux identités culturelles variées, permettent une diversité extraordinaire.

Une cinquantaine de galeries de quinze pays présentent les œuvres- tous mediums confondus- de 130 artistes issus de 40 pays différents. Le marché de l’art africain sur ce continent n’en est encore qu’à ses balbutiements et ses artistes doivent en premier lieu acquérir la notoriété ailleurs (Europe, Etats Unis) avant d’espérer pouvoir être collectionnés chez eux. Pour poursuivre cette dynamique, plusieurs galeries se sont implantées en Afrique du sud, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Maroc, Nigéria, Ouganda, Sénégal et plus récemment en Angola et font un travail formidable.

AKAA donne la parole à ces galeries qui permettent au public parisien de découvrir des artistes au-delà des stars habituelles régulièrement présentées dans nos institutions privées et publiques, et montre ainsi une richesse de la création encore trop peu connue en Europe.

Comme chaque année, plusieurs artistes sont invités au cœur de l’évènement, avec des projets spécifiques. Dans une œuvre monumentale conçue pour la nef centrale du Carreau du Temple, l’artiste cubaine Susana Pilar révèlera l’histoire de sa famille sino-africaine au travers de portraits de ses ancêtres féminines dans une belle évocation des flux migratoires. Un focus permettra à Roger Ballen de présenter ses derniers collages, réalisés en collaboration avec Hans Lemmen, explorant les fissures de notre civilisation. Ce sera également l’occasion de (re)découvrir l’artiste Dalila Dalleas Bouzar dans l’espace AKAA Underground, dans la continuité du projet initié à la Biennale de Dakar, avec une performance chamanique qui mènera ensuite le visiteur dans son atelier improvisé où elle réalisera une série de portraits tout au long de la foire, créant ainsi un lien entre les deux continents. Enfin première exposition de l’artiste sénégalais, Alun Be, avec sa série de photographies « Edification » présentant l’empreinte de la technologie digitale sur la société, au travers des rites d’initiation à la vie.

Dans le souhait de faciliter échanges et dialogues, AKAA propose deux rendez-vous chaque jour avec des intervenants variés sur différents sujets portant sur la thématique des connexions au sein du Sud Global.

Et comme le déclare la directrice de la Foire, Victoria Mann, « il s’agit de transcender les frontières dans une foire centrée sur l’Afrique » et inviter à un voyage dans « les Afriques ».

 

Par Sylvie Fontaine


Infos :

AKAA, Art &Design Fair

Carreau du Temple

39 rue de Bretagne, Paris 3e

du 9 au 11 novembre 2018