Une édition résolument féminine !

10 janvier 2019

 

Plateforme de promotion et de soutien essentielle à la création d’aujourd’hui et de demain, le Salon de Montrouge ouvre sa 64è édition sous la houlette du duo de défricheurs passionnés, Ami Barak et Marie Gautier, co-directeurs artistiques, accompagnés d’un comité de sélection de 10 professionnels du monde de l’art.

Sur les 2000 candidatures reçues, 267 dossiers ont été présélectionnés pour aboutir à 52 artistes retenus par le comité. Pour la première fois dans l’histoire du Salon, les femmes sont majoritaires cette année (31 pour 20 hommes). La sélection qui offre un large panel de onze nationalités illustre avec de nouveaux pays représentés tels que Chypre, la Grèce et Taïwan, les mutations de la cartographie mondiale de l’art.

En terme de mediums se dégage une prépondérance pour l’installation – sculpture avec une dimension performative accrue.

En ce qui concerne les nouveautés, en partenariat avec le CNAP, l’accent est mis sur les commandes publiques passées par le Grand Paris à des photographes sous la forme d’une accroche conçue par le commissaire Pascal Beausse. La Villa Belleville rejoint les partenaires déjà actifs en matière de soutien à la production (Orange Rouge, BnF, Ateliers Villa Médicis). Ce volet concret, en plus de l’aide financière apportée par les autres Prix, est devenu capital au fur et à mesure que les projets se précisent.

Parmi les 52 artistes, on remarque François-Noé Fabre, 9è prix MAIF de la sculpture, qui renoue avec la photographie et nous livre avec « Drivin’Paint-titre du tableau » une version hybride du potentiel fictionnel de la voiture dans l’imaginaire américain prétexte à un environnement flottant et insaisissable. Amandine Guruceaga, finaliste de la 5è édition de Bourse Révélations Emerige, résidente LVMH métiers d’art, poursuit ses expérimentations multiples avec le cuir et autres matières dont elle repousse les limites par des gestes irréversibles. Aïda Bruyère explore les signes d’appropriation culturelle à partir de l’Empowerment des femmes, notamment dans le milieu du Dancehall et du Bootyshake. Un manifeste féministe revendiqué. Camille Juthier se penche sur l’impact des produits chimiques sur notre environnement et imagine une série de peintures au gel douche qui s’agrègent sur les murs pour devenir une nouvelle peau. Emmanuel Le Cerf s’attache à montrer le revers de l’image par le biais de circuits de détournements déceptifs faisant intervenir des phénomènes optiques et chimiques. Camille Sauer, musicienne et plasticienne, interroge à partir du langage, du jeu, de la psychologie, les normes régissant notre société. Chloé Serre, aux confins de la danse, de la performance, du théâtre, de la psychologie, des sciences cognitives, engage des micro-fictions où les gestuelles individuelles deviennent supports d’une fable sociale comportementale. Arthur Hoffner exposé à la Villa Noailles et primé à la Design Parade 12, poursuit son projet autour de la fontaine comme métaphore du lien de domestication de l’homme à la nature. Il revisite notre rapport au monde en envisageant le design tel un jeu. Eva Medin, finaliste de la 5è édition de Bourse Révélations Emerige, présente sa dernière vidéo tournée lors de la Nuit Blanche 2018, prétexte à un nouveau projet réactivant sa sculpture « Orbital Drama » conçue à la Cité des Sciences. Rémi Duprat questionne les notions d’exotisme et de loisirs comme mode de consommation à travers des objets appartenant à cette esthétique bien précise, standardisée et lisse, dont il relève les parfaites incongruités.

Si bon nombre d’artistes des éditions précédentes ont depuis intégré une galerie ou vu leur carrière prendre un vrai tournant, souhaitons à ce nouveau cru de savoir saisir pleinement cette opportunité qui lui est offerte.

 

du 27 avril au 22 mai 2019

 

Par Marie de La Fresnaye