Un nouveau centre d’art au cœur du marais parisien

Par Celine Maillard8 septembre 2018In Articles, 2018, Revue #19

Entrer au sein de Lafayette Anticipations, c’est avancer dans un puits de lumière de 19 mètres alliant authenticité et modernité, où tout semble épuré. L’architecte de renommée internationale Rem Koolhas a repensé ce bâtiment du XIXè siècle, construit pendant la révolution industrielle pour les besoins du BHV, tel « un théâtre pour l’art ».

Comme l’indique Guillaume Houzé, président de Lafayette Anticipations, « Ce bâtiment incarne tout ce qu’il a toujours défendu. Il arrive à faire surgir de la mobilité alors que tout paraît figé, de la liberté quand tout paraît contraint ».

En effet, rythmé par des garde-corps en aluminium, doté de 2200 m² corvéables, dont plus de 840 m² dédiés aux expositions, l’espace se module à l’extrême au fil des déplacements verticaux de quatre grands plateaux à crémaillère et rend ainsi possible jusqu’à 49 combinaisons différentes pour le structurer, et se termine à son sommet par une boîte à miroir surplombant Paris.  « Ce bâtiment, comme l’art qu’on y produit ou expose, est ouvert à tous les possibles. Il se reconfigure en fonction des projets des artistes » résume Guillaume Houzé

Plus qu’un lieu d’exposition, ce nouveau centre au cœur du marais se veut être un lieu de création, un lieu de rencontres et de débats publics, un lieu qui s’adaptera aux projets des artistes. En cela, il sera le premier centre pluridisciplinaire de cette nature en France. L’inédit de cette programmation se concrétise par un atelier de création installé au sous-sol.

L’exposition inaugurale a été consacrée à l’artiste américaine Lutz Bacher, dont c’était la première grande exposition, qui plus est monographique, en France. Le travail de l’artiste se caractérise par des installations monumentales, alliant sable, marbre, détritus, telles celles du MOMA ou du pavillon de la Sécession à Vienne. Ici, à l’inverse, rien ne se trouvait au sol, excepté des paillettes qui envahissaient tout l’espace via le mouvement des visiteurs, façon subtile d’en prendre possession. L’artiste avait utilisé des vidéos filmées au Cap Ferret pour investir la totalité du lieu, à l’instar de ces paillettes qui se déplaçaient avec légèreté, pour créer une ambiance sonore et venteuse.

En mai (du 17 au 20), la première performance de Tarik Kiswanson, « As deep as I could remember, as far as I could see » interrogera les doutes ressentis par tout enfant. Puis, à compter du 20 juin (jusqu’au 10 septembre), sera présentée l’exposition collective « Le centre ne tient pas » sur la désorientation, les frontières et la migration.

 

Par Céline Maillard


Infos :

La Fayette Anticipations

9 rue du Plâtre, Paris 4è