Pauline Julier : Homme versus Nature

Le centre culturel suisse présente « Naturalis Historia », la première exposition personnelle de la cinéaste et artiste plasticienne Pauline Julier.

Son travail met ici en exergue le comportement de l’Homme face à la puissance de la Nature, la vision qu’il s’en est faite, sa façon de la catégoriser afin de mieux l’apprivoiser. Mais au-delà, c’est, selon l’artiste, le moyen de comprendre nos propres constructions sociales et culturelles, à travers nos croyances et nos représentations : « c’est l’homme lui-même qui se découvre et se met en forme ».

Le visiteur découvre cinq panneaux autonomes, déroulant chacun une situation d’humains aux prises avec la Nature qui les déstabilise, de l’islandais qui fuit la nature au miracle du napolitain San Gennaro.

Ces dispositifs visuels et sonores, film numérique, diapositives, reprise d’un texte « prompté », film en 16/9eme, dialoguent, interagissent et renvoient le visiteur de l’une à l’autre, l’artiste ayant choisi délibérément de supprimer tous les murs et d’évoluer dans un seul espace.

Ce travail de trois ans et demi est le fruit d’un télescopage de réflexions et de références que l’artiste a fait coïncider.

Son point de départ ? Une représentation de la « Pompéi végétale », la plus vieille forêt tropicale fossilisée suite à l’éruption d’un volcan, découverte et reconstituée par des scientifiques chinois. Fascinée, l’artiste a voulu suivre la reconstitution de ce monde si lointain, alors dénué de présence humaine.

Il se voit bientôt enrichi des recherches de Philippe Descola sur la façon dont l’Occident moderne se représente la nature et que l’artiste confronte à la culture asiatique, et de l’histoire de Pline l’Ancien, savant à l’origine de la première encyclopédie, qui mourut en s’étant approché du Vésuve en éruption qu’il voulait décrire de trop près. Le titre de son monumental ouvrage en 37 volumes qui compilait tout le savoir de son époque, « Naturalis Historia », a été, pour la plasticienne, une évidence pour nommer sa propre exposition.

Ainsi le travail poétique et plastique, à la fois perceptible car intrinsèque à l’homme mais complexe, que nous propose aujourd’hui Pauline Julier est tout autant empirique, extrêmement subjectif et personnel que scientifique et documentaire.

 

Par Céline Maillard


Infos :

Pauline Julier, Naturalis Historia

Centre culturel suisse

38 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3ème

jusqu’au 17 décembre