Jeune Création fait peau neuve pour sa 69e édition

 

Faut-il encore présenter Jeune Création, association de 70 ans d’âge dont l’exposition annuelle reste un rendez-vous incontournable de l’art contemporain en France ? Peut-être, tant ses activités se sont élargies au cours du temps… Alors que l’association pose ses bagages à la Fondation Fiminco à Romainville – rejoignant ainsi la plateforme Komunuma, elle nous donne deux rendez-vous : en octobre d’abord pour l’ouverture de sa nouvelle galerie permanente, en décembre ensuite pour sa 69e édition.

D’abord appelée Jeune Peinture, l’association s’inscrit dans la lignée des salons parisiens, ces grandes expositions collectives portées par des sociétés d’artistes, indépendantes de l’État et du marché de l’art. Fortement politisé, son salon reflète alors les débats artistiques et politiques de son temps et donne notamment à voir dans les années 1960 les peintres de la Nouvelle Figuration comme Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Henri Cueco ou encore Jacques Monory.

En 1999, Jeune Peinture devient Jeune Création, marquant son attachement à la diversité des pratiques artistiques. Si l’association réfute progressivement l’appellation « salon », elle revendique haut et fort son statut de collectif d’artistes. Preuve en est aujourd’hui le mode de sélection des projets de la 69e édition : le jury – qui a parcouru près de 1500 dossiers – est constitué pour la troisième année consécutive de dix artistes de nationalités diverses, bénévoles et d’une personnalité invitée. Pour son directeur Jérémy Chabaud, l’association serait ainsi davantage « une plateforme collaborative d’accompagnement des artistes émergents et des métiers de la création. »

Plus qu’un salon donc, Jeune Création développe une riche programmation entre édition annuelle, galerie et projets hors-les-murs et s’attache à nouer des liens durables avec des partenaires publics comme privés. Après les Grands Voisins à Paris, elle ouvre ainsi dès octobre un nouvel espace à Romainville, inauguré par une exposition sur le désir dont le commissariat est assuré par la peintre Marion Bataillard.

La 69e édition de Jeune Création prend place en décembre dans l’impressionnante chaufferie de la Fondation Fiminco et présente les œuvres de quelques 57 artistes de 15 nationalités différentes.

Parmi les artistes sélectionnés, Côme Clérino étend sa peinture bien au-delà du cadre, s’inspirant des matériaux et des textures issus du milieu urbain. Les vidéos de Zoé Brunet-Jailly, ou encore de Stefanie Schwarzwimmer, quant à elles, distillent, chacune à leur manière, une inquiétante étrangeté, entre rêve et réalité, par manipulation à l’aide de l’outil numérique. Cette édition est encore l’occasion de découvrir ou redécouvrir les images profondes et saisissantes de Hugo Deverchère pour son œuvre Cosmoram. Ce film fut tourné aux abords d’un observatoire, dans un désert de lave sur l’île de Tenerife, dans l’archipel des Canaries. Le duo d’artistes chinois Jingfang Hao et Lingjie Wang donne à voir leurs travaux sur la lumière du soleil dans une double réflexion chinoise et occidentale.

La sculpture quasi-monumentale de l’artiste new-yorkaise Shani Ha – comme en attente – remet le corps du spectateur au centre du dispositif artistique.

Cette année enfin, Jeune Création met l’accent sur la collaboration proposant à une trentaine de partenaires de remettre un prix indépendant aux artistes sélectionnés. Résidences, expositions personnelles ou collectives, éditions, autant de manières pour les artistes de développer de nouveaux projets au-delà de l’édition.

Insaisissable, l’édition annuelle restera toutefois un évènement nomade, la prochaine étant d’ores et déjà programmée à la galerie Thaddeus Ropac à Pantin en juin 2020.

 


INFOS:

69e édition de Jeune Création

Chaufferie, Fondation Fiminco

111 Avenue Gaston Roussel, Romainville

du 25 janvier au 2 février