Jeune Création, de Paris à Pantin

Par Claire Colin-Collin22 septembre 2017In Articles, 2017, Revue #16

L’association Jeune Création s’est appelée Jeune Peinture en 1949, créée par de jeunes artistes pour montrer leur travail de manière alternative. La manifestation principale a pris la forme d’un salon annuel, le Salon de la Jeune Peinture, accueilli par différents lieux dont le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris entre 1954 et 1969. Il avait alors une forte dimension politique. 

Le fonctionnement de l’association se veut toujours démocratique, dans l’élection des membres du comité d’organisation ainsi que pour la sélection des artistes : ceux/celles qui y ont exposé une fois peuvent faire partie du comité de sélection pour l’année suivante, puis de l’organisation. L’association garde donc cette belle dimension de transmission, pour laquelle les artistes se mobilisent bénévolement, en permettant à d’autres d’exposer. L’ambition reste celle d’être un levier dans le parcours de jeunes artistes (on peut candidater jusque 45 ans).

La galerie de Jeune Création a récemment emménagé dans le 14ème, dans la friche associative Saint-Vincent-de-Paul (l’ancien hôpital repris, avant son changement d’attribution, par l’association Plateau Urbain, créant le projet Les Grands Voisins, pour utiliser « avec audace et générosité les lieux temporairement inoccupés »).

Elle accueille des expositions pensées par l’’association tout en étant ouverte aux propositions extérieures (comme avec P.A. pour « La lumière dépensée »). Aujourd’hui, Jeune Création se revendique comme l’un des plus anciens et des plus importants collectifs d’artistes autogérés. Après de nombreuses éditions au 104, la manifestation est accueillie pour la seconde année à la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin, oscillant entre sa vocation de salon et le désir d’une exposition plus scénographiée. 

On pourra y voir des œuvres d’Oscar Malessène, à l’opposé du spectaculaire : il choisit de peindre, sur des petites surfaces, en y inventant des volumes de couleur qui se composent, se percutent, s’ouvrent, s’entament, se déposent pour créer de possibles et impossibles espaces. Louise Bossut revisite l’histoire de l’art par la photographie, en s’attaquant aux classiques du paysage et du portrait, dans une sensibilité du détail. Lucy Watts, dont le langage voisine avec le dessin de presse, tend vers l’humour et une poésie critique qui la rapproche de Dan Perjovski. Sylvain Azam * ose « choisir le tableau abstrait comme principal terrain d’expérimentation », l’abordant de manière conceptuelle et sensible, questionnant son identité et son articulation avec le réel. Albane Hupin crée des spectres, au travers du drapé ou froissé de la toile : élégantes traces de la peinture d’où le geste s’absente tout en semblant en formuler le désir ou le regret.

 

* Sylvain Azam expose en tant que lauréat du prix de Vitry, avec Mireille Blanc, du 21 mai au 25 juin à la galerie municipale Jean Collet à Vitry-sur-Seine.

 

 

Par Claire Colin-Collin


Infos :

67e édition de Jeune Création

Galerie Thaddaeus Ropac

69 avenue du Général Leclerc, Pantin

du 8 au 21 juillet