CHAMBOULE NOTRE PERCEPTION

10 janvier 2019

 

CMJN/H_O, Edouard Sautai

Centre d’art contemporain La Maréchalerie

5 avenue de Sceaux, Versailles

du 25 janvier au 17 mars

Prêts à plonger au cœur d’une expérience à la fois physique et esthétique ? Direction La Maréchalerie pour la nouvelle exposition d’Edouard Sautai !

A l’invitation du Centre d’art contemporain, l’artiste répond en présentant une nouvelle version de son projet RVB/ H_O, qu’il avait présenté la première fois au Centre Le Volume en Bretagne, et fait du lieu même une œuvre, en jouant sur l’association « lumière/eau ».

En effet, RVB renvoie aux trois couleurs, Rouge Vert Bleu, émises par chacun des pixels de nos écrans qui, par la variation de leurs intensités réciproques, reproduisent toutes les couleurs de la gamme chromatique nécessaires à la composition des images. Ici, l’artiste choisit les trois couleurs primaires (Cyan Magenta Jaune) et le noir pour mettre en abyme l’architecture de la Maréchalerie en décomposant la grande baie vitrée à l’aide de volets mobiles colorés et positionnés devant un grand bassin. Le sol se substitue alors à un vide béant happant le visiteur et devient un miroir prismatique reflétant les hauteurs sous plafond du lieu, et augmentant ainsi son volume.

Matériau de la diffraction, c’est à travers le prisme de l’eau que se créent les arcs-en-ciel qui nous révèlent la complexité de la lumière. Ce que nous percevons comme de la lumière blanche n’est autre que le cumul des couleurs additionnées du spectre.

Ce que nous voyons n’est donc qu’une interprétation du réel – de facto unique – par notre cerveau.

En questionnant la perception sensorielle ainsi que la fabrication des images, ce projet s’inscrit dans la continuité de la recherche d’Edouard Sautai. Cet artiste plasticien sculpteur, photographe et vidéaste est un adepte des illusions d’optique et des trompe-l’œil. Son travail, qui se rattache à celui des artistes du In Situ (dans et pour le lieu) que sont Daniel Buren ou Felice Varini, par son caractère éphémère, devient un jeu ludique avec l’observateur.

En effet, le télescopage des deux interventions déstabilise les repères habituels et nous rappelle alors que ce nous percevons n’est qu’apparence.

Mais vous aurez compris que l’expérience ne s’explique pas, elle se vit.

Par Celine Maillard