Edgar Sarin, 16 scénographies pour une exposition

Par Celine Maillard5 septembre 2017In Articles, 2017, Revue #16

« Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble. »…un titre énigmatique pour une exposition sensible et inédite qui ne l’est pas moins. A son entrée dans la Sacristie du Collège des Bernardins, le visiteur découvre une mise en scène composée de sculptures, ce n’est que la partie visible et infime de la démarche de l’artiste. 

Après s’être réapproprié le lieu pendant une quinzaine de jours, il a souhaité lui redonner sa fonction première : la préparation de cérémonies liturgiques. Minuit désigne alors le huit clos qui a lieu chaque semaine, même jour, même heure, pendant toute la durée de l’exposition (16 semaines), une sorte de rituel où interagisse une trentaine de personnes de tout horizon, qui doit retrouver son humanité et une harmonie autour d’un protocole initial dont l’artiste a rédigé le cadre. Chaque cérémonie donne naissance à un nouveau tableau structuré par des objets sur lesquels l’artiste opère peu d’intervention et dont il détourne l’existence pour les amener à avoir une autre vie. Edgar Sarin permet au public de s’approprier son œuvre selon trois possibilités d’interprétation que définit son « statut » : acteur du rituel, visiteur d’une seule ou plusieurs fois, découvrant ainsi les nouvelles empreintes de la rencontre hedomadaire.

Ce projet évolutif, ce dialogue entre sciences et humanisme, n’a pas de limites spatiales ni de limites temporelles. En effet, les interactions de ces minuits seront archivées dans des capsules en laiton, elles-mêmes enterrées dans un lieu secret pendant un siècle. Passé ce délai, cette documentation constituée de textes, photographies et partitions musicales sera restituée au Collège des Bernardins, propulsant ainsi l’œuvre dans le futur.

 

Par Céline Maillard


Infos :

Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble

Collège des Bernardins

20 rue de Poissy, Paris 5e

jusqu’au 20 juillet

Avec le soutien d’Emerige