Claude Cattelain

Il s’agit de construire un édifice à partir de tasseaux et de planches : un empilement équilibriste qui ne cesse de s’écrouler tout en se faisant (ça lui tombe dessus – ça se construit à partir de lui – ça le menace – ça tient – ça menace de l’écraser – ça tient comme par enchantement – etc.).

Il s’agit de repousser la mer avec un balai, ou de s’enterrer sous le sable d’une plage, à Venise, avec une paille pour unique possibilité de respirer.

Il s’agit de rester en vie. Il dit : « Un ensemble de gestes vains ».

La performance est au coeur de son travail, bien qu’il crée aussi des formes dessinées, filmées ou sculptées. Performance dans le sens d’acte en temps réel et de mise en risque. Les formes qu’il montre sont soit les produits de ces actes, soit des équivalents, tendus dans l’espace d’exposition.

On peut penser Claude Cattelain en fils de Bas Jan Ader, qui a été jusqu’à disparaître en mer en se donnant le défi de traverser l’océan à bord d’un radeau : “In Search of the Miraculous ». (Bas Jan Ader, artiste né en 1942 aux Pays-Bas, disparu en mer entre les Etats-Unis et l’Irlande en 1975).

Justement, une part importante de l’exposition de Juvisy a pour objet et pour site un bassin de radoub, situé à Denain – cette ville du Nord proche de Valenciennes où la fin de l’industrie a laissé place à d’impressionnantes ruines – bassin sur lequel Claude Cattelain se déplace en radeau de fortune.

 

Par Claire Colin-Collin


Infos :

Claude Cattelain

École et Espace d’art contemporain Camille Lambert

35 avenue de la Terrasse – 91260 Juvisy-sur-Orge

du 5 novembre au 17 décembre