Sergio Verastegui – Trilogie mexicaine

Mai / juin / juillet 2018

Sergio Verastegui, artiste d’origine péruvienne vivant à Paris, travaille depuis toujours avec des éléments trouvés ou fabriqués mêlant réalité, fiction et mythologie qu’il agence dans l’espace pour « écrire » un récit qui renvoie à la fois à l’histoire, au présent et à des futurs possibles.

Grâce au dispositif de soutien à la recherche / production artistique du CNAP, l’artiste a réalisé en 2016 un voyage d’exploration au Mexique. Il a suivi dans son enquête quasi policière trois pistes dont il révèle la substance à travers des œuvres déployées dans trois expositions pour trois lieux différents, à la Galerie Thomas Bernard de Paris, aux Ateliers Vortex de Dijon et à la Tôlerie de Clermont-Ferrand, et ce d’avril à juillet 2018.

 

La première piste nous mène à l’Hôtel Palenque, situé dans la ville du même nom, qui accueille jusqu’à aujourd’hui les visiteurs des ruines maya dans la zone archéologique voisine. L’hôtel, datant de 1960, a connu d’innombrables destructions et reconstructions au fil des années, toutes plus ou moins inachevées, qui lui confèrent l’aspect d’une « ruine à rebours », terme cher à l’artiste du Land Art, Robert Smithson, qui lui a consacré une série de photographies en 1969.

La deuxième piste nous entraîne sur les traces du poète mexicain Mario Santiago Papasquiaro, co-fondateur du mouvement d’avant-garde de « l’Infraréalisme » et auteur de poèmes composites et métaphoriques, souvent restés à l’état de fragment.

La troisième piste nous plonge dans la mythologie aztèque en convoquant Xipe Totec, divinité du renouvellement cyclique, représentée revêtue de la peau d’une victime humaine, symbole de la « nouvelle peau » dont il recouvrait la terre au printemps.

 

Ces trois pistes forment autant de strates qui composent le corpus du projet mexicain de Sergio Verastegui. Elles sont condensées dans le premier chapitre de la trilogie, l’exposition (S)CRYPTE à la Galerie Thomas Bernard, où l’artiste présente un ensemble de grands dessins formant une sorte de carnet de bord relatant son périple mexicain. Dessins à plusieurs couches recouverts de cire d’abeille avec, parfois, des couches décollées, comme des peaux arrachées, en lambeaux, évocation du dieu aztèque Xipe Totec, qu’on retrouve par ailleurs dans les dessins, autant que des références à l’Hôtel Palenque et des bribes de poèmes de Papasquiaro. Un autre motif récurrent est la structure pyramidale des temples mayas, qui, bizarrement, trouve son écho dans des escabeaux métalliques de notre époque, à la fois dans les dessins et dans les « objets ready-made » servant de support à des crânes translucides.

 

Le deuxième chapitre, TRANSPOÈME aux Ateliers Vortex de Dijon, s’articule autour de deux sculptures, un escalier hybride qui se situe entre plusieurs temporalités, et une pyramide qui fonctionne comme un décor pour une accumulation de traces d'une enquête et d'une rencontre à l'Hôtel Palenque. Au mur, une série de cinq broderies sur toile produites au Mexique, de petites pyramides construites à partir de mots prélevés dans les poèmes de Mario Santiago Papasquiaro, conçues comme des housses pouvant contenir la forme d’un crâne et montrées comme des trophées.

Dans le troisième chapitre QUASICRISTAL à la Tôlerie de Clermont-Ferrand, Verastegui nous fait pénétrer dans son processus de création et de re-création en disposant au sol et aux murs un stock de formes et de matériaux dans leur état brut de manière à « prendre sens » dans leur contexte.

 

Maya Sachweh

 

Infos pratiques :

Galerie Thomas Bernard Cortex Athletico, Paris

du 26 avril au 02 juin

Ateliers Vortex, 71/73 rue des Rotondes, Dijon

du 04 mai au 02 juin

La Tôlerie, 10 rue de Bien-Assis, Clermont-Ferrand

du 29 mai au 28 juillet

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