artaïssime n° 19

Depuis 2012 Artaïs a créé la revue Artaïssime - trimestrielle et gratuite - en version numérique et papier, pour prolonger le plaisir des découvertes et rencontres, fidèle à son désir de partager ses coups de cœur.

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visites

Metz et Luxembourg

les 9 et 10 juin

 

Artaïs vous propose une escapade : du FRAC et du Centre Pompidou Metz au MUDAM et au Casino : 4 lieux incontournables qui nous réservent de belles rencontres !

 

 

Riga

du 28 juin au 1er juillet

 

Artaïs vous emmène à RIBOCA1, première biennale d’art contemporain de Riga.

 

Pour sa première biennale d'art contemporain, Riga a désigné Katerina Gregos comme commissaire de l'événement.

 

Cette biennale réunira une centaine d'artistes internationaux, avec une place particulièrement importante donnée à ceux originaires des pays baltes, permettant de mieux faire connaître cette foisonnante production artistique.

 

Le thème de RIBOCA1, Everything was forever, until it was no more (tout était éternel, jusqu'à ce ne le soit plus) est tiré du roman éponyme d'Alexei Yurchak qui évoque la chute de l'Union soviétique. Au-delà, ce que nous proposera Katerina Gregos est une réflexion sur le changement, de tout ordre, et comment on l'anticipe, l'expérimente, l'assimile et le gère, en cette période de transition et bouleversements.

 

Huit lieux accueilleront la biennale, qui seront autant d'occasions de découvrir cette ville encore relativement méconnue.

Evènement

Claude Cattelain, Colonne empirique en ligne - Performance

Claude Cattelain, Colonne empirique en ligne. photo Marie Gayet.

Sur la scène, une ligne de blocs gris, que l’on découvrira bientôt friables, laissant une fine poudre blanche au sol, accentuant l’instabilité des colonnes que le performeur Claude Cattelain forme peu à peu pour avancer. Tension, résistance, souplesse, effort, protocole, danger, risque, poussière, s’élever, sueur, tension encore, engagement de tout le corps,  oscillation, dès le début, le public est captivé par l’avancée progressive, bloc par bloc, sans que jamais les pieds ne soient posés au sol. La perspective d’aller jusqu’au bout de la ligne, mesure potentielle à l’action, est proprement  impensable… Quand la colonne devient trop haute et que le bloc est trop bas pour l’attraper, le soulever, - les doigts comme des pinces – le corps trouve des parades, fait contre poids avec une jambe, coince un bloc entre les  cuisses, utilise les pieds, il y a dans le geste quelque chose de très organisé et de très instinctif en même temps.  Plus ça va, et plus ça devient fragile, périlleux. Aussi, quand l’édifice s’écroule, et que le performeur lâche avec lui, c’est la tension qui explose,  un chaos qui soulage. Il n’est pas sûr que le public, tendu à l’extrême, ait pu aller plus loin.

 

par Marie Gayet

Cédric Aguillon, Intérieur voix

Claude Cattelain, Colonne empirique en ligne. photo Marie Gayet.

Deux ordinateurs produisent une bande-son cosmique.

"Au début, je voulais faire un fil… regarder entre les images…"

C'est le début d'un voyage qui, partant de l'observatoire de Nice, nous emmène parmi les étoiles, les vers - luisants - et les autres, le hasard, le big bang. Le noir presque complet favorise ce vagabondage dans l'obscurité de l'Univers. Noir, mais sonore. Hypnotique. On regrette de devoir revenir pour retrouver la pesanteur, le langage, l'humanité.

 

par Dominique Chauchat

Claude Cattelain, Colonne empirique en ligne - Performance

J'y vois une allégorie de la vie humaine : construire son chemin, pas à pas, pierre à pierre… jusqu'à la chute ! Inéluctable.

Au sol, une ligne de blocs de béton cellulaire, blanc, friable, poudreux.

Un protocole simple, mathématique : l'artiste élève la colonne sur laquelle il se tiendra - de plus en plus haut = un bloc de plus à chaque fois, un étage supplémentaire à gagner sur le déséquilibre, sur la gravitation ; la difficulté à bouger, à se retourner sur un espace plus petit que ses deux pieds.

Très vite, l'exercice tourne à l'épreuve. Une tension palpable lie l'artiste aux spectateurs, qui, pour le coup, sont totalement inscrits dans la performance. On n'ose pas bouger, à peine respirer, concentré sur chaque geste, chaque posture pour tenter d'atteindre le bloc hors de portée.

 

Une pensée constante : jusqu'où ira-t-il ?

La chute vient en son temps, quand le corps n'est plus en mesure de continuer et que l'équilibre est définitivement rompu.

Reste alors la trace de cette quête impossible, qui dessine comme à la craie la mémoire de la performance (qui, pour une fois, porte bien son nom !).

 

par Dominique Chauchat

Brèves

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